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Les parasites du chien : puces, tiques et vers — prévention et traitement

Puces, tiques, vers : comment reconnaître les parasites du chien, retirer une tique, choisir un antiparasitaire et à quelle fréquence vermifuger, selon les recommandations de l’ESCCAP.

Par Santé
Les parasites du chien : puces, tiques et vers — prévention et traitement

Puces, tiques, vers intestinaux : tous les chiens y sont exposés, même ceux qui vivent en appartement. Certains parasites ne provoquent que des démangeaisons, d’autres transmettent des maladies graves, et quelques-uns peuvent contaminer l’humain. La bonne prévention dépend de l’âge du chien et de son mode de vie : c’est avec votre vétérinaire qu’elle se construit.

Les parasites externes

Les puces

La puce adulte vit sur le chien, se nourrit de son sang et pond des dizaines d’œufs qui tombent au sol. Comme le rappelle l’ESCCAP (le groupe européen d’experts en parasitologie des carnivores domestiques), les formes immatures (œufs, larves, nymphes) se développent dans l’environnement : tapis, parquets, panier, voiture. Les puces que vous voyez ne sont donc que la partie visible du problème.

Signes : grattage, mordillements, petites croûtes au bas du dos, et « poussière noire » dans le pelage qui devient rouge sur un papier humide (ce sont des déjections de puces). Certains chiens font une allergie à la salive de puce : une seule piqûre suffit alors à déclencher de fortes démangeaisons. Les puces peuvent aussi transmettre un ver plat, le ténia Dipylidium, quand le chien les avale en se toilettant.

Les tiques

Les tiques attendent dans les herbes hautes, les sous-bois et les haies, puis s’accrochent au passage. Elles peuvent transmettre plusieurs maladies, dont la piroplasmose (babésiose), potentiellement mortelle chez le chien, et la maladie de Lyme. Leur activité est maximale au printemps et à l’automne, mais on en trouve une bonne partie de l’année selon les régions.

Après chaque balade, passez la main dans le pelage : tête, oreilles, cou, aisselles, entre les doigts. Un chien abattu, fiévreux, qui refuse de manger ou dont les urines foncent quelques jours après une sortie doit être vu en urgence par un vétérinaire.

Les autres parasites externes

Selon la région, d’autres parasites comptent : les phlébotomes, petits insectes qui transmettent la leishmaniose dans le sud de la France ; les moustiques, vecteurs de la dirofilariose ; les aoûtats en fin d’été ; les gales et les poux, plus rares. Si vous partez en vacances dans une autre région, parlez-en à votre vétérinaire avant le départ.

Comment retirer une tique correctement

Les recommandations de l’ESCCAP sont claires : retirer la tique le plus tôt possible, car le risque de transmission augmente avec la durée d’accrochage.

  1. Utilisez un crochet tire-tique (vendu en pharmacie et en animalerie), glissé sous la tique au ras de la peau.
  2. Tournez doucement jusqu’à ce que la tique se détache entière, avec sa tête (le rostre).
  3. N’appliquez rien avant : ni éther, ni alcool, ni huile, ni flamme. Ces méthodes stressent la tique et augmentent le risque qu’elle régurgite des agents pathogènes.
  4. Désinfectez la zone et lavez-vous les mains. Surveillez votre chien les jours suivants.

Les parasites internes

Les vers ronds (ascaris)

Très fréquents chez le chiot, souvent contaminé par sa mère avant la naissance ou par le lait. Ils peuvent provoquer un ventre gonflé, de la diarrhée, un retard de croissance et un poil terne. Les œufs, très résistants, contaminent le sol et peuvent infester l’humain, en particulier les jeunes enfants qui jouent dans le sable ou la terre.

Les vers plats (ténias)

On les repère parfois sous forme de petits segments blancs, comme des grains de riz, autour de l’anus ou sur les selles. Ils se transmettent par les puces avalées ou par la consommation de viande crue, d’abats ou de proies.

Les autres vers et protozoaires

Ankylostomes, trichures, vers pulmonaires ou cardiaques, giardia : leur fréquence dépend de la région et du mode de vie. Une coproscopie (analyse de selles au laboratoire) permet de savoir ce qu’il en est pour votre chien.

À quelle fréquence vermifuger ?

Le guide de vermifugation de l’ESCCAP donne les repères suivants, à adapter par votre vétérinaire :

Situation Fréquence indicative
Chiot Dès 2 semaines, puis toutes les 2 semaines jusqu’à 2 semaines après le sevrage, puis tous les mois jusqu’à 6 mois
Chien adulte, risque non évalué Au moins 4 fois par an
Chien adulte à risque élevé (contact avec des enfants, chasse, viande crue, vie en collectivité…) Plus souvent, selon l’avis du vétérinaire, parfois chaque mois
Chienne gestante ou allaitante Protocole spécifique à définir avec le vétérinaire

L’ESCCAP précise qu’un traitement une à trois fois par an ne suffit pas à assurer une protection efficace quand le risque n’est pas connu. Une alternative au vermifuge systématique consiste à faire des coproscopies régulières et à traiter selon les résultats : c’est une option à discuter avec votre vétérinaire.

Choisir un antiparasitaire

Pipettes, comprimés, colliers, sprays : il existe de nombreuses formes. Les plus efficaces sont des médicaments vétérinaires, délivrés par le vétérinaire ou en pharmacie. Pour bien choisir :

  • Demandez un plan personnalisé au vétérinaire, en fonction de l’âge, du poids, de la région et du mode de vie (forêt, rivière, chenil, voyages).
  • Respectez le poids et l’espèce : un produit pour gros chien peut être dangereux pour un petit, et certains antiparasitaires pour chiens sont toxiques pour les chats. Si vous avez les deux, demandez conseil.
  • Respectez la durée d’action indiquée sur la notice et notez les dates de traitement. Notre carnet de santé en ligne (espace membre) peut servir de pense-bête.
  • Méfiez-vous des solutions « naturelles » vendues comme équivalentes : huiles essentielles, ail, vinaigre ou levure n’ont pas fait la preuve de leur efficacité, et certaines huiles essentielles sont toxiques pour les animaux.

Aucune dose n’est donnée ici volontairement : seul votre vétérinaire peut prescrire le produit et la posologie adaptés à votre chien.

Traiter la maison en cas de puces

Puisque l’essentiel de la population de puces vit dans l’environnement, traiter le chien seul ne suffit pas toujours :

  • passez l’aspirateur partout, y compris sous les meubles et dans la voiture, et jetez le sac ;
  • lavez le panier, les plaids et les coussins à haute température ;
  • traitez tous les animaux du foyer en même temps ;
  • demandez à votre vétérinaire si un traitement de l’environnement est nécessaire.

Une infestation peut mettre plusieurs semaines à disparaître complètement, le temps que les nouvelles puces émergent et soient tuées par le traitement du chien.

Les bons réflexes au quotidien

  • Ramassez les crottes de votre chien, au jardin comme sur la voie publique : c’est la première barrière contre la dissémination des œufs de vers.
  • Évitez de donner de la viande crue ou des abats non contrôlés ; si votre chien mange cru, signalez-le à votre vétérinaire.
  • Lavez-vous les mains après avoir manipulé votre chien et faites-le faire aux enfants.
  • Inspectez le pelage après les balades en nature, surtout au printemps et à l’automne. Nos idées de balades avec son chien sont plus sereines avec ce réflexe.

Questions fréquentes

Un chien d’appartement a-t-il besoin d’antiparasitaires ?

Oui. Il sort, croise d’autres chiens, et les puces entrent facilement dans un logement. Le rythme peut être plus léger que pour un chien de chasse, mais il doit être décidé avec le vétérinaire.

Mon chien mange de l’herbe, est-ce le signe qu’il a des vers ?

Pas nécessairement : c’est un comportement fréquent et souvent banal. Notre article chien qui mange de l’herbe fait le point.

Faut-il traiter contre les tiques en hiver ?

Cela dépend de la région et de la météo : les tiques peuvent rester actives lors des hivers doux. Votre vétérinaire connaît la situation locale.

Les assurances remboursent-elles les antiparasitaires ?

Certaines formules incluent un forfait prévention qui couvre une partie des antiparasitaires et vermifuges. Comparez les garanties dans notre dossier assurance chien.

À lire aussi : notre calendrier de vaccination du chiot et nos articles de la catégorie santé.

Sources

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